
La commission femme du GUSR a organisé mercredi 26 novembre 2025 au New Orléan’s à Petit-Bourg, une conférence-débat autour de la parentalité et de la santé mentale.
Je vais en dire plus sur ce que j’ai retenu de manière globale, avec un soupçon d’agrément de support de mes lectures. Et à la fin je vous donnerai mon ressenti.
⚠️Tout d’abord, je tiens à préciser que ce n’est pas une propagande électorale déguisée. Je ne suis pas adhérente au GUSR, et même si c’était le cas, mon blog n’est pas destiné à ça. Par contre, parler de santé mentale et de parents, ça c’est clairement ce à quoi j’ai envie de prêter ma plume.⚠️

Ce que j’ai retenu :
(De l’intervention de Karine POLTER, infirmière thérapeutique).
La santé n’est pas seulement l’absence de maladie. Elle est un équilibre subtil entre le bien-être corporel, émotionnel, relationnel, mental et spirituel (selon nos croyances). Lorsque l’une de ces dimensions vacille, c’est tout l’être qui en ressent le déséquilibre. C’est pourquoi la santé mentale ne peut être isolée : elle est intimement liée au vécu, au territoire, à la famille, aux blessures, aux croyances et aux pressions du quotidien.
Quand parle-t-on de trouble mentale ?
En gros, un trouble mental, c’est quand la manière de penser, de ressentir ou de se comporter devient tellement perturbée que cela empêche la personne de vivre normalement.
Quand parle-t-on de santé mentale ?
On parle de santé mentale lorsque la personne est capable : de faire face aux défis du quotidien, de ressentir et exprimer ses émotions, de tisser des relations satisfaisantes avec les autres, de se sentir en sécurité intérieurement, d’agir de manière cohérente avec elle-même.
Entre mal-être et bien-être, un entre-deux!
Entre mal-être et bien-être, il existe tout un “entre-deux”…On y retrouve :la fragilité émotionnelle, la fatigue nerveuse, la surcharge mentale, le stress qui s’accumule. C’est exactement ce que vivent aujourd’hui beaucoup de familles guadeloupéens : ils ne sont pas “malades”, mais ils sont épuisés, dépassés, au bout du rouleau. Et quelquefois fois, leurs enfants se sentent rejetés, abandonnés, humiliés, trahis, victimes d’injustice. (Cf : les 5 blessures de l’âme de Louise BOURBEAU)
N’oublie pas que la maladie a toujours quelque chose à dire. Cf mon article sur l’expression de la maladie.
PARENTS d’hier et d’aujourd’hui…
Est-ce parce que l’éducation en Guadeloupe a changé ? La perte des repères familiaux et des rites initiatiques, ferait que les nouveaux parents se retrouveraient sans repères ? Et malgré tous ces structures ou dispositifs mis à leur disposition, pourquoi se sentent-ils et sont-ils démunis ?
Il semblerait que la santé mentale des Parents et des enfants de Guadeloupe aurait suivi l’air du temps.🤷🏽♀️
Les parents Guadeloupéens d’hier : une autorité et un cadre structurés
Si je me réfère aux interventions de l’anthropologue M. Gérard BULIN-XAVIER , de la psychologue Mme Myriam ELSO et de madame l’institutrice à la retraite non je n’ai pas retenu le nom, les parents d’hier, imposaient un cadre social marqué par : une autorité forte, souvent non discutée, des règles transmises collectivement, une présence éducative étendue : grands-parents, parrains, voisins, instituteurs…une éducation imprégnée de rites, croyances, traditions.
Un filet social
Bien que cette structure avait ses excès (violence éducative, sévérité), elle semblait produire un filet social sécurisant où l’enfant n’était jamais vraiment seul et où l’adulte ne se sentait pas isolé dans son rôle. Car, la communauté jouait vraisemblablement un rôle central dans l’accompagnement des enfants.
Les parents Guadeloupéens d’aujourd’hui : Entre modernité, pression et isolement
Les parents guadeloupéens d’aujourd’hui évoluent dans un contexte totalement différent de celui de leurs aînés. Ils sont à la croisée de trois influences : la tradition, la modernité, et la pression sociale. Résultat : des parents plus instruits, plus conscients, mais aussi plus seuls et plus fragilisés.
Une parentalité plus consciente…
Une parentalité plus consciente… mais plus exigeante. Aujourd’hui, on demande aux parents : d’être à l’écoute, de comprendre la psychologie de l’enfant, d’éviter les violences éducatives, de gérer les émotions,de dialoguer, d’accompagner la réussite scolaire, de créer un environnement sécurisant, tout en jonglant avec un travail souvent prenant. 🤦🏽♀️
Cette parentalité “idéale” est belle…mais elle met une pression énorme sur les épaules des parents.
Un charge mentale qui pèse lourd.
La charge mentale explose chez les nouveaux parents. Contrairement à hier où les rôles étaient plus figés, le parent moderne cumule :travail + ménage + éducation +couple + devoirs scolaires + gestion administrative + activités sportives + prise en charge des émotions de l’enfant…
Ouar, quelle tension intérieure permanente !
L’effondrement des repères et des relais familiaux
Hier, l’enfant était élevé par : les grands-parents, les tantes, les voisins, les parrains, l’institutrice, la communauté. Aujourd’hui : les familles sont éclatées, les parents sont isolés, migrations, moins de présence des anciens. Il y a plus de conflits familiaux et moins de temps pour transmettre. Le parent actuel élève seul, sans ce “groupe d’appartenance ” qui soutenait autrefois chaque famille.
Le rôle des réseaux sociaux et du numérique
Les réseaux sociaux amplifient le sentiment d’échec. Les parents y voient : des familles parfaites, des enfants hyper performants, des maisons impeccables, des couples souriants. Quant aux enfants, ils vivent très tôt en réalité virtuelle permanente. Résultat, ils ont les émotions exacerbées. Et parents et enfants se comparent à des personnages parfaitement irréels, se sentent nuls, seuls, coupables, insuffisants, bref ou konprann (t’as compris)… et pourtant, il existe des guides, des méthodes, des spécialistes, des structures, des dispositifs gratuits, en plus. Tout pour l’épanouissement des parents et de leurs progénitures !🎁
Alors pourquoi se sentent-ils démunis malgré tout ?
Parce que, souvent ils ont honte de demander de l’aide, ils ne veulent pas être jugés ou pire encore, ils n’ont pas appris eux-mêmes à parler de leurs émotions, ils n’ont pas eu de modèles de gestion émotionnelle. Les dispositifs existent…mais la culture, la peur, la fatigue et l’isolement bloquent l’accès à l’aide.
Pour conclure ce post
Je dirait que cette conférence-débat est une belle initiative. Merci à Mme Joceline Unimon à l’origine de cette événement. Merci à Mme Maritza Bernier et à elle pour l’invitation. Et bien que tout soit perfectible, pour une première, je trouve que que tout y était.

…Avançons ensemble Pour notre santé mentale!
Ce que j’aimerais que tu retiennes, c’est que le parent guadeloupéen d’aujourd’hui n’est ni faible ni incompétent. Mais, si comme tout parent de France, Il est surchargé, exposé et seul face à un monde qui change trop vite, il ne doit jamais oublier, que les codes, les habitudes qui nous submergent ne sont pas Notre. Aussi imparfaites quelles soient, la Guadeloupe a ses spécificités… Et bien que la santé mentale devient un enjeu mondial majeur : pour les familles, pour les enfants, pour la société entière, Notre identité, Notre culture, Nos valeurs sont des atouts non négligeables (sans les dérives éducatives, bien sûr)…ne les delaissons plus.
BulletAuFéminin#ParentsSantéMentale#PlumeConseilDigitale#TransformationVivante#FemmeEtRésilience #ÉcritureIntime #BlogAutrice
Comme vous avez pu le lire sur le flyer, il y a avait différents corps de métier, conviés à cet événement. Mais quelque soit leur discipline, tous, se sont accordés à dire que de plus en plus de parents Guadeloupéens sont confrontés à des problèmes de santé mentale.

Et, si toi aussi, tu penses que Notre identité, Notre culture, Nos valeurs sont des atouts non négligeables. Et qu’en travaillant sur nos dérives éducatives, nous obtiendrons le cadre qui nous convient…. tu es au bon endroit. Ne lâchons rien. Ensemble pour nos enfants. 😎
Merci pour cette rétrospective bien achallandée par les points forts etayés dans les interventions et ton analyse. Un moment en effet très impactant qui met en lumière les difficultés de notre société d’aujourd’hui et à laquelle malheureusement sont confrontés les valeurs guadeloupéennes. Mais je garde cette note positive de la psychologue: nos familles ont les ressources pour affronter l’adversité. Et comment?
« Passer de la famille « éducante » à la famille structurante » . Sic l’anthropologue.
D’autres actions de cette qualité devraient y aussi contribuer.