Action sans conscience n’est que gesticulations

Agir sans conscience n’est que gesticulations. Qu’en penses-tu ? Moi, je le pense profondément. Dès la première semaine de défi de transformation, je m’interrogerais déjà le processus. Car, Avant de changer, il faut comprendre, comprendre ce qui se joue au quotidien, dans nos vies, de notre héritage. Il faut savoir prendre du recul sur notre fonctionnement habituel, mon fonctionnement : Quels sont mes schémas répétitifs ? qu’est-ce qui me freinait ou me freine jusqu’à maintenant ? Et un an plus tard, je fais le bilan.

Comprendre ce qui vit en nous

(Une réflexion permanente, confortée de ma lecture de Psychologie des sociétés créoles de Errol Nuissier👇🏾)

Quand Nichole m’a conseillé ce livre, je n’attendais rien de particulier de cet ouvrage psychosociologique. Je l’ai accueilli comme un enrichissement de ma culture. Mais, la rencontre avec un livre n’est jamais quelque chose d’anodin. Et certaines lectures viennent, quelque fois appuyer là où, ça fait mal. Parce qu’une action sans conscience n’est que gesticulations, d’une part. Et d’autre part, nous portons en nous une responsabilité du « Nous », l’écho d’un récit collectif encrer tout au fond de nous. Se mettre à agir, pour exister, n’est-ce pas comme mettre du déo après une bonne séance de sport, sans se doucher ? (T’as la vision olfactive ?😆)

Plus qu’une réflexion une nécessité

Plus sérieusement, ce questionnement n’est pas nouveau pour moi. Dans mes réflexions précédentes, j’ai déjà évoqué l’importance d’agir en pleine conscience. J’ai aussi abordé l’existence de blessures transgénérationnelles. Ces héritages invisibles que nous portons parfois sans le savoir : les peurs, les réflexes, les silences… qui ce transmettent de génération en générations et qui finissent par habiter nos propres vies ! J’en parle. Je l’écris même de manière romancée dans Nowell é Dousine. Mais cette lecture m’a confrontée à une évidence plus dérangeante : en avoir conscience ne signifie pas forcément avoir réellement plongé à l’intérieur de soi.

Le déni un ami qui nous veut du bien

Vous savez, souvent, on pense être dans la bonne dynamique. Mais agir sans conscience n’est que gesticulations. (Là, je pense que tu as imprimé 🤭). On regarde ces blessures de loin. On les analyse. On les nomme même … mais on reste dans notre brouillard émotionnel, notre déni égotique. Car, s’arrêter, respirer profondément un bon coup et accepter d’aller toucher le point qui fait mal, ce n’est pas, du tout, la même chose. Anw, an an ! Il existe parfois une distance confortable entre comprendre intellectuellement et ressentir profondément. Non ? Tellement confortable, que le déni y occupe toute la place.

Des blessures en héritage

Dans son ouvrage, le déclic a été quand le psychologue, Errol Nuissier, rappelle à quel point l’histoire collective des sociétés créoles, marquée par l’esclavage, la domination, les ruptures identitaires peut laisser des traces dans les mentalités et les comportements. Il l’illustre notamment, par l’analyse les rapports socioprofessionnels aux Antilles. (Euh, je ne te ferai pas un résumé du livre. Ay liy’ (lis le) si tu veux en savoir plus, tchipppp 😆). Mais chez-moi, c’est une autre réalité que ça questionne.

Des douleurs en cadeau

Si certaines de nos blessures ne nous appartenaient pas entièrement, ces douleurs que nous portons aujourd’hui, ces héritages transmis, parfois inconsciemment, de génération en génération, qu’en faire ? Ces blessures familiales. Ces blessures historiques. Ces blessures silencieuses. Jusqu’où aller dans ce travail d’introspection ? Car il ne s’agit plus seulement de comprendre son histoire personnelle. Il s’agit aussi d’explorer ce que l’histoire a déposé en nous. Et de s’en affranchir : pour nous et pour les générations avenirs.

Plus qu’une lecture, un catalyseur

Cette lecture a agit en moi comme un catalyseur. Une injonction qui m’invite à ne rester à la surface des choses. Si je veux parler de transformation, alors il me faudra peut-être accepter d’aller plus loin. Plus honnêtement. Plus profondément. Aller voir ce qui, en moi, continue peut-être de porter des douleurs anciennes. Les reconnaître. Les comprendre. Les accepter. Et peut-être, enfin, les apaiser. Et ben, dites-moi, c’est un sacré chantier 🤦🏽‍♀️

A chaque génération sa responsabilité

Depuis, cette lecture, une pensée me taraude : Et si certaines générations avaient simplement survécu…et que d’autres avaient maintenant la responsabilité de transformer, de révéler, le récit en espoir ? Et si, c’ètait à nous la génération X, que revenait cette mission ? C’est à moi, à toi, peut-être, de rompre certaines chaînes invisibles ? Rompre ce qui a été transmis dans la douleur. Pour que ce qui sera transmis demain puisse l’être dans la conscience, l’amour et la liberté.

Une vie, une mission de vie

Pendant cette année, je pensais avoir fait le tri, compris où j’en étais et surtout, posé des intentions sincères pour la suite. Mais vraisemblablement, je n’ai fait que lever la vase et maintenant que c’est retombée, je ne suis pas sûre que je sois au bout du bout.


…aujourd’hui, je comprends ce que vivre implique vraiment. Et toi ?

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